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L’initiative des capitalistes a été cruciale
au développement de l’industrie. Les entrepreneurs de
l’industrie de l’extraction du charbon ont beaucoup fait pour
déterminer le calendrier et l’étendue de l’investissement, la
technologie utilisée, l’émergence de villes minières, les
relations ouvrières, et l’évolution du réseau de distribution et
de commercialisation pour desservir l’industrie. Par contre,
leur contrôle était aussi limité, premièrement par la
répartition dispersée des propriétaires de l’extraction
régionale du charbon, et deuxièmement par le fait que les
propriétaires opéraient dans un environnement économique
essentiellement contrôlé par des forces extérieures, surtout les
chemins de fer et l’État.
Dès le début, les décisions des entrepreneurs sont prises en
considération de certain nombre de facteurs essentiels à la
réussite de l’industrie. L’établissement du charbonnage dépend
de l’émergence d’un marché, dans ce cas découlant directement de
l’arrivée du CPR sur les Prairies. Le rôle de l’État est central
à la promotion de la construction des chemins de fer et, parfois,
au choix préférentiel d’entrepreneurs particuliers. Les
décisions de ces entrepreneurs individuels, par contre, sont
critiques à la formation du développement de l’industrie. Durant
les premières années, Alexander Galt devient le meneur dans le
charbonnage régional par son influence politique pour attirer
des investisseurs britanniques en très grand nombre. Un scénario
semblable se récrée dans le pas du Nid-du-Corbeau où la Crow’s
Nest Pass Coal Company a joué un rôle considérable,
particulièrement à cause des grandes cessions de droits miniers
données par le gouvernement libéral de Laurier. A Lethbridge et
dans la région du Pas, l’investissement externe devient critique
à cause de la rareté du capital indigène dans la région.1
Cette dépendance sur un financement venant de l’Est du Canada,
des États-Unis et des sources européennes continue avec
l’expansion de l’industrie dans les régions montagneuses au Nord
de Nordegg et de Coal Branch, après la construction des
transcontinentaux du Nord, peu avant la Première Guerre mondiale.
Les chemins de fer ont aussi été capitaux au développement de
l’industrie du charbon des plaines, où une structure financière
passablement différente a émergé. Alors que des investissements
à grande échelle étaient attirés par les terrains houillers des
montagnes, les districts carbonifères des plaines étaient
dominés par de nombreuses petites entreprises, basées surtout en
Alberta. La situation était fondée sur la nature elle-même des
réserves de charbon, qui se trouvaient éparpillées dans le sud
et le centre de l’Alberta et étaient facilement accessibles,
même aux colons de ces régions qui allaient creuser eux-même
pour extraire du charbon pour leur propre usage. Le marché pour
le charbon domestique était répandu dans beaucoup de localités
albertaines et pouvait facilement être rejoint par des petits
entrepreneurs locaux qui se produisaient avec des fonds limités.
La dichotomie entre les branches des montagnes et des plaines a
persisté durant toute la période. En 1917, il y avait 223
entreprises dans le secteur de charbon domestique ayant une
production de moins de 10,000 tonnes, et seulement une,
l’entreprise Galt à Lethbridge, ayant plus de 200,000 tonnes en
débit.
Par contraste, aucun producteur de charbon à chaudière
dans les régions du pas du Nid-du-Corbeau, Banff – Canmore ou de
Coal Branch produisait moins de 10,000 tonnes, et six
produisaplus de 200,000 tonnes. En 1948, il y avait environ 175
mines en Alberta, mais trois quarts de la production venaient de
moins de cinquante entreprises exploitant surtout dans les
contreforts et à l’Est des Rocheuses, produisant surtout pour
les chemins de fer. La Crow’s Nest Pass Coal Company exploitait
toujours une grande entreprise sur le versant ouest du pas du
Nid-du-Corbeau.2
Dans l’industrie en général, la répartition des propriétaires
était passablement diversifiée, avec beaucoup de compagnies en
exploitation. C’est une situation qui contrastait nettement avec
l’industrie de charbon de la Nouvelle Écosse. Là, un processus
de consolidation s’était amorcé durant les années 1880, menant
finalement, après la Première Guerre mondiale, à l’émergence
d’une seule corporation dominante, la British Empire Steel
Corporation (Besco). L’industrie en Nouvelle Écosse avait eu à
faire face à des coûts de production beaucoup plus élevés que
dans l’Ouest, où les frais de l’extraction, surtout sur les
Plaines, étaient relativement bas. Tandis que des prix élevés
encourageaient une concentration dans les Maritimes, l’émergence
de l’élaboration de l’acier là, a aussi donné à l’industrie de
l’extraction de la houille la possibilité d’un grand marché, ce
qui justifia l’expansion et la consolidation.3
Aucun marché comparable ne s’est développé dans l’Ouest après la
construction des premiers chemins de fer. La population des
Prairies était dispersée et n’appuyait pas le développement
industriel régional qui aurait grandement augmenté les besoins
de combustibles. A cause de cela, même les compagnies de charbon
à chaudière devaient confronter des prospects limités durant la
première décennie du vingtième siècle et des investisseurs de
l’extérieur n’avaient aucune motivation à continuer d’investir
dans l’industrie pour tâcher de la consolider.4
William N. T. Wylie, « Coal-Mining
Landscapes: Commemorating Coal Mining in Alberta and
Southeastern British Columbia », une étude sur la commémoration
de l'industrie houllière en Alberta et dans le sud-est de la
Colombie-Britannique préparée pour la Commission des sites et
monuments historiques au Canada, l'Agence Parcs Canada, 2001.
Voir aussi: L'industrie
houllière—Aperçu, La
croissance rapide, Les
terrains de charbon domestique et de chaudière,
L'industrie en déclin
(1914-1947),
Effrondrement et renaissance,
L'établissement de l'Ouest,
Questions et
défis—Aperçu,
Entreprenariat, Technologie,
Techniques souterraines,
La technologie de surface,
Extraction à ciel ouvert,
Les effets
sociaux,
Unions,
Implantation et gains
syndicaux (1882-1913),
Mouvement
révolutionnaire (1914-1920),
Complications et
difficultés (1921-1950), Compagnies
houillières, Les gens
des mines de charbon,
La classe moyenne,
Les mineurs et le
gouvernement local,
Politiques et économie,
Effets
environnementaux,
Santé et sécurité—Aperçu,
Les relations
entre l’État et les ouvriers,
L'Etat et le
développement après 1918.
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