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1914-1947
L’industrie en difficulté
La fin du boom économique de l’avant-guerre,
en 1913, marque un revirement des fortunes de l’industrie
minière, qui tombe dans une phase régressive sans le stimulus de
l’immigration, de la colonisation et de la croissance de
l’industrie. C’est dans le pas du Nid-du-Corbeau qu’on ressent
les premiers effets et, sous l’impact, un certain nombre de
mines se ferment avant 1914. Durant les dernières années de la
guerre, la nécessité de fournir le combustible pour les trains
pour acheminer le matériel de guerre et les troupes, ainsi que
pour approvisionner les fonderies qui produisent le métal
nécessaire aux armements apporte un certain répit. Mais, au
début des années vingt, la production chute dans les mines des
secteurs des plaines, ainsi que celles des montagnes. En 1925,
si plus de 1000 mines avait été ouvertes en Alberta, 400
d’entre-elles étaient fermées pour de bon.1
Le problème avait rapport à la nature de l’économie régionale et
aux changements technologiques. L’économie, basée sur
l’agriculture, ne pouvait soutenir qu’une croissance en demande
limitée. Même si la population des Prairies augmente lentement
durant les trois décennies depuis la Première Guerre mondiale,
ce n’est pas suffisant pour stimuler une industrialisation à
grande échelle, essentielle pour l’augmentation de la
consommation du charbon. Confrontant des difficultés économiques
après la guerre, les compagnies de chemin de fer, de loin les
clients les plus importants, mettent en place une série de
coupures. Le procédé commence avec la fusion du Canadian
Northern et du Grand Trunk Pacific en les Chemins de fer
nationaux du Canada (CNR) en 1919, et se poursuit durant les
années vingt avec le refus de CPR et du CNR d’entretenir le même
niveau d’achat de charbon qu’auparavant. Entre temps, l’énergie
hydroélectrique et le pétrole commencent à faire des percées
importantes dans le marché de carburant. L’industrie dans la
région de Kootenay se met à utiliser l’énergie hydroélectrique
au lieu du charbon vers 1918. En Alberta, en conséquence du
développement de l’industrie pétrolière à Turner Valley et
ailleurs, les centrales de génération thermique
d'énergieélectrique se mettent à utiliser du gaz naturel au lieu
du charbon.2
Ayant atteint les limites de leurs marchés traditionnels, les
producteurs de charbon ouvrent leurs horizons. Le marché
canadien au plus grand potentiel était l’Ontario, le centre
industriel du pays, où le charbon de la Pennsylvanie régnait
toujours. Les producteurs canadiens de charbon de l’Alberta et
de la Nouvelle Écosse se trouvaient également désavantagés par
les grandes distances et la préférence traditionnelle des
clients et, en conséquence, durant les années vingt, des
pressions sont faites pour obtenir une politique
d’auto-suffisance canadienne en charbon. La campagne dans
l’Ouest du Canada et, surtout en Alberta, intègre la plus grande
demande pour de l’égalité de la part d’Ottawa, que l’on
percevait comme favorisant généralement l’Ontario aux dépends de
l’Ouest. Les industriels de l’Est, disait-on, bénéficiaient de
tarifs protectionnistes qui augmentaient les frais de transport
dans l’Ouest du pays. Ce ne serait que juste si le charbon de
l’Ouest, qui ne recevait que de minces tarifs durant les années
vingt, en recevait de plus avantageux pour rejoindre les marchés
de l’Est, même si la conséquence était l’augmentation des prix
pour les consommateurs de l’Ontario.3
L’agitation en Alberta était concentrée surtout sur la reforme
du tarif de fret afin de réduire les frais de transport vers
l’Est du Canada. Vers les années 1920, le gouvernement fédéral
adopte une politique de subvention de tarifs de fret, ou des
subsides, sur le charbon. Des petites augmentations sont aussi
faites au tarif sur le charbon américain après 1930. Ces mesures
ne sont pas suffisantes pour surmonter les frais encore plus
élevés du transport de l’Ouest. Quoique des subsides de
transport étaient encore en place en 1960, le gouvernement
fédéral n’a jamais voulu agir de façon décisive sur le sujet à
cause de l’influence politique de l’électorat du centre du
Canada qui exigeait un carburant à bon marché.4
Malgré ces difficultés, une croissance modeste de production se
fait entre 1914 et 1947, saccadée par de nombreuses fluctuations. Après le point bas vers le début des années vingt,
la production atteint une hausse vers 1928. L’industrie est
durement frappée durant la Crise économique qui commence en
1929. Pour les producteurs des plaines, la situation s’empire
durant la prochaine décennie, à cause de la compétition et des
baisses de prix des nombreuses compagnies dans le domaine. Dans
l’industrie du charbon à vapeur, la production atteint un point
bas en 1931, suivie d’une remontée lente au cours de la décennie.
Durant la Deuxième Guerre mondiale, la production augmente pour
combler le besoin croissant et le gouvernement fédéral remplit
difficilement ses besoins de charbon, interdisant même les
grèves et limitant le droit des mineurs de prendre un autre
emploi.5
Avec la fin de la guerre, par contre, les temps changent et
l’industrie doit envisager un avenir incertain.
William N. T. Wylie, « Coal-Mining Landscapes:
Commemorating Coal Mining in Alberta and Southeastern British
Columbia », une étude sur la commémoration de l'industrie
houllière en Alberta et dans le sud-est de la
Colombie-Britannique préparée pour la Commission des sites et
monuments historiques au Canada, l'Agence Parcs Canada, 2001
Voir aussi: L'industrie
houllière—Aperçu, La
croissance rapide, Les
terrains de charbon domestique et de chaudière,
L'industrie en déclin (1914-1947),
Effrondrement et renaissance,
L'établissement de l'Ouest,
Questions et
défis—Aperçu, Entreprenariat, Technologie,
Techniques souterraines,
La technologie de surface,
Extraction à ciel ouvert,
Les effets
sociaux,
Unions,
Implantation et gains
syndicaux (1882-1913),
Mouvement
révolutionnaire (1914-1920),
Complications et
difficultés (1921-1950), Compagnies
houillières, Les gens
des mines de charbon,
La classe moyenne,
Les mineurs et le
gouvernement local,
Politiques et économie,
Effets
environnementaux,
Santé et sécurité—Aperçu,
Les relations
entre l’État et les ouvriers,
L'Etat et le
développement après 1918.
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