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Implantation et gains syndicaux (1882-1913)
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Logo pour les United Mine Workers of America.Dans un premier temps, le United Mine Workers of America (UMWA) se manifeste comme le porte-parole principal des mineurs. Des efforts spontanés de grève à Lethbridge, entre 1887 et 1897, prouvent que les mineurs ne peuvent pas affronter le pouvoir des compagnies sans une organisation formelle. Le Western Federation of Miners (WFM), basé au Montana, essaie brièvement de mobiliser les travailleurs du charbon entre 1899 et 1903, mais n’arrive pas à gagner leur allégeance sans pouvoir satisfaire leurs demandes salariales. Le UMWA semble avoir été moins controversé que le WFM, qui était réputé être extrémiste. Aussi, le bilan du UMWA était meilleur aux États Unis, où il avait déjà négocié une série d’accords avantageux pour les travailleurs du charbonnage. Dans l’Ouest canadien, le District 18 est fondé, incorporant les mineurs de charbon de l’Alberta et du Sud-Est de la Colombie Britannique. Entre 1903 et la Première Guerre mondiale, il doit affronter une série de combats avec la gestion, dont beaucoup se terminent en grèves. En 1906, ces confrontations font tâche d’huile dans le district en entier après la fondation du Western Coal Operators’ Association par les compagnies.1

Plusieurs causes clés émergent de ces disputes. La demande principale des travailleurs concerne les gages et les niveaux salariaux. Dans le cas des mineurs qualifiés, cette question est compliquée par la complexité des contrats qu’ils entreprennent d’une mine à l’autre. Les tarifs varient à chaque endroit, dépendant du moment de leur établissement et, ils sont souvent le sujet de différends d’interprétation. La question de la reconnaître les syndicats est aussi une deuxième source de conflits. Les compagnies dans le pas du Nid-du-Corbeau sont généralement d’accord sur le droit d’existence du LTMWA, à cause de la situation financière instable de l’industrie, mais elles cherchent à minimiser l’influence du syndicat, et de traiter individuellement avec les mineurs autant que possible. Entre temps, l’union cherche à gagner la solidarité des mineurs et d’empêcher les travailleurs de faire de la concurrence d’emploi ou de salaire entre eux. La lutte s’exprime finalement en termes d’ateliers “fermés”ou d’ateliers “ouverts”. Le LTMWA cherche un environnement “fermé” où les ouvriers doivent tous être membre du syndicat. Les administrateurs préfèrent un atelier ouvert où les mineurs peuvent être embauchés quoiqu’en soit leur affiliation syndicale.2

La sécurité au travail est le troisième sujet de contention des travailleurs, quoique moins pressant. Les mines de la région étaient des plus dangereuses au monde, à cause des risques d’explosion du méthane (grisou) et du poussier. Le danger du gaz était particulièrement sérieux dans les montagnes, où le plissement des gisements compliquait gravement les problèmes de travailler en toute sécurité dans des galeries et des chambres en pente raide. Une série de sinistres graves marquent les premières années du charbonnage dans le pas du Nid-du-Corbeau : des explosions tuent 120 mineurs à Coal Creek en 1902, 34 à Bellevue en 1910, 189 à Hillcrest en 1914 et, finalement, encore 34 à Coal Creek en 1917. Le syndicat tâche d’obtenir une réglementation plus stricte et une meilleure mise en vigueur de la réglementation qui existe déjà, mais cette cause est rarement à la “une” des syndicats. En dépit du danger, les mineurs sont beaucoup plus concernés par les questions salariales. Même dans la région du Pas, les accidents semblent être considérés simplement comme faisant part des dangers du métier.3 En fin de compte, vers 1920, des mines plus sécuritaires émergent, quand les compagnies et les mineurs se familiarisent avec les conditions géologiques régionales, et que les provinces deviennent plus compétentes dans l’application de la réglementation sécuritaire.

Le résultat des conflits ouvriers avant la Première Guerre mondiale est un compromis. Il y a une légère hausse de salaires, qui est insuffisante pour combler les augmentations au cot de la vie. Les compagnies sont inflexibles dans ce domaine, à cause des leurs problèmes économiques. On reconnaît tout de même que l’influence des syndicats. En 1905, les propriétaires permettent un précompte des cotisations syndicales de la paie de mineurs individuellement, mais le UMWA ne réussit pas à obtenir un précompte obligatoire des nouveaux employés, ce qui les auraient obligés, effectivement, à devenir membre du syndicat. En échange de leurs concessions, les compagnies négocient des restrictions sur les mesures de grève. Dans une série de contrats entre 1903 et 1911, une méthode de règlement des différends est négociée, qui prescrit les arrêts de travail spontanés pendant le processus formel de négociation des griefs. La gestion obtient plus de sécurité avec le contrat de 1909, qui responsabilise les ouvriers pour l’entretien des mines en cas d’arrêt de travail. Les mineurs sont d’accord pour empêcher les inondations ou les accumulations de grisou, protégeant ainsi le chantier de dommages à long terme durant les grèves.4

Notice des grévistes des United Mine Workers of America à l'entrée de la mine no. 2, mines Coal Creek, région de Fernie, Colombie-Britannique.Durant ces années, l’État intervient sans cesse dans les relations de travail. Son pouvoir ne s’exerce pas toujours de façon constante. Par exemple, en 1903, la force policière intervient durant une grève à Fernie, du côté de la Colombie Britannique du Pas, pour empêcher les grévistes de harceler les briseurs de grève embauchés pour continuer la production. Par contre, la gendarmerie à cheval du Nord-Ouest est plus sympathique aux travaillistes. Durant la grève de 1906, à Lethbridge, la force permet une certaine souplesse aux grévistes en ce qui concerne la pression qu’ils imposent aux briseurs de grève, afin d’encourager une résolution où les côtés opposés n’en seraient pas déshonorés.5

A cause de l’importance économique de l’industrie du charbon, le gouvernement fédéral et des provinces cherchent également des compromis pour réduire l’agitation et maintenir la production. Le gouvernement libéral de l’Alberta n’est pas particulièrement conciliatoire envers les mineurs après son élection au pouvoir en 1905, cherchant non seulement la paix ouvrière, mais aussi l’appui électoral dans les terrains houillers. Durant les années avant la Première Guerre mondiale, il présente plusieurs réformes que les mineurs de charbon demandent, comme la journée de travail de huit heures. Le gouvernement fédéral est aussi un joueur de taille. Son chef porte-parole est Mackenzie King, le premier sous-ministre du travail de la nation, qui intervient à maintes reprises dans les grèves houillères sur le principe que la santé de l’industrie est de conséquence nationale. Sa contribution la plus notable a lieu à Lethbridge en 1906, où il amène les deux groupes à la table de négociation, sous la peine de les tenir responsable pour une crise de combustible d’hiver dans les prairies. Cette expérience influence directement le projet de loi des Enquêtes en matière de différends industriels, l’effort le plus ambitieux du gouvernement fédéral de décourager les conflits de travail. Édicté en 1907, la loi proclame certaines industries clés, incluant le charbonnage et les chemins de fer, comme des services publics qui méritent l’attention de l’État. Dans ces industries, les deux côtés sont empêchés d’initier des arrêts de travail pendant qu’une procédure de conciliation obligatoire est en marche. D’après les spécialistes, la loi des Enquêtes en matière de différends industriels n’est pas un outil efficace en ce qui concerne la résolution des disputes de l’industrie du charbon de l’Ouest, mais sa présence démontre l’engagement d’Ottawa dans la réduction des conflits de travail dans l’industrie.6

William N. T. Wylie, « Coal-Mining Landscapes: Commemorating Coal Mining in Alberta and Southeastern British Columbia », une étude sur la commémoration de l'industrie houllière en Alberta et dans le sud-est de la Colombie-Britannique préparée pour la Commission des sites et monuments historiques au Canada, l'Agence Parcs Canada, 2001

Voir aussi: L'industrie houllière—Aperçu, La croissance rapide, Les terrains de charbon domestique et de chaudière, L'industrie en déclin (1914-1947), Effrondrement et renaissance, L'établissement de l'Ouest, Questions et défis—Aperçu, Entreprenariat, Technologie, Techniques souterraines, La technologie de surface, Extraction à ciel ouvert, Les effets sociaux, Unions, Implantation et gains syndicaux (1882-1913), Mouvement révolutionnaire (1914-1920), Complications et difficultés (1921-1950), Compagnies houillières, Les gens des mines de charbon, La classe moyenne, Les mineurs et le gouvernement local, Politiques et économie, Effets environnementaux, Santé et sécurité—Aperçu, Les relations entre l’État et les ouvriers, L'Etat et le développement après 1918.
 

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